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Ce qui a dévoré nos coeurs, de Louise Erdrich

Ce très beau livre raconte l’histoire de plusieurs personnes aux Etats-Unis, toutes d’origine indienne, toutes reliées d’une façon ou d’une autre à un tambour rituel que Faye découvre dans un grenier.

Dès la première ligne, on voit Faye qui sort d’un cimetière d’enfants, elle est perdue dans ses pensées. On la suit dans sa vie, un peu solitaire. Son travail consiste à évaluer tout ce qui se trouve dans les maisons de personnes décédées, à la demande des héritiers. Un jour elle découvre un tambour rituel indien dans un grenier. Il semble exercer sur elle une attraction magique. Elle l’emporte chez elle, sans bien savoir pourquoi. Peu à peu, on apprend les circonstances de la mort de sa petite sœur et de son père.

Dans la deuxième partie du livre, nous est racontée l’histoire de la famille Shaawano, les circonstances dramatiques qui ont amené le grand-père de Bernard à fabriquer ce tambour magique. Faye le rapporte à Bernard, qui lui révèle les liens entre leurs familles, en relation avec ce tambour.

Enfin, l’histoire des trois enfants de Rita, qui ont froid et faim, qui recherchent dans la maison la moindre miette à sucer. Et quand la maison brûle, les enfants s’enfuient dans la neige, et sont sauvés… par le tambour.

C’est un roman émouvant, des secrets de famille bouleversants, des histoires qui se recoupent, un très beau rapport avec la nature…

J’ai retenu en particulier un paragraphe de la page 298, où Faye prête à sa mère ces mots : « La vie te brisera. Personne ne peut t’en protéger, et vivre seule n’y réussira pas davantage, car la solitude, et son attente, te brisera aussi. Tu dois aimer. Tu dois ressentir. C’est la raison pour laquelle tu es ici sur terre. Tu es ici pour mettre ton cœur en danger. Tu es ici pour être engloutie. Et quand il adviendra que tu sois brisée, trahie, abandonnée, blessée, ou que le mort te frôle, autorise-toi à t’asseoir au pied d’un pommier et écoute les pommes tomber en tas tout autour de toi, gaspillant leur goût sucré. Dis-toi que tu en as goûté autant que tu as pu. »

Lundi 10 mars 2008, par Sabine


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