Ce jeune conseiller, encore empêtré dans la rédaction de sa thèse et qui vient juste d’être embauché comme chargé des “langages” (entendez la rédaction des discours) au ministère, c’est Arthur Vlaminck - sans doute un peu le double de l’auteur de cette BD, Abel Lanzac.
Servi par une excellente illustration, Quai d’Orsay nous plonge dans l’univers sans pitié des cabinets politiques, des intrigues de couloirs, de la novlangue que l’on nous sert abondamment et du cynisme d’état. Les habitués du Canard enchaîné se délecteront à la lecture de ce premier tome, les autres découvriront les coulisses peu glorieuses mais hilarantes de notre République.
Si l’on peut lire la BD comme une oeuvre à clefs (vous n’aurez pas de mal à reconnaître qui est le ministre ni les cibles de ses critiques), c’est finalement la grande justesse de ton, la nuance et l’apparente tendresse des auteurs pour leurs personnages, parfois sincères mais pris dans l’engrenage d’un système dévoyé, qui nous accrochent jusqu’à la dernière bulle.
Vivement le Tome 2 !




